Quels insectes attaquent les charpentes ?
Dans une charpente, des poutres ou un plancher, l’essentiel des dégâts vient de trois insectes xylophages.
Le plus redouté est le capricorne des maisons. Ses larves creusent pendant plusieurs années de larges galeries dans l’aubier des résineux (pin, sapin, épicéa), jusqu’à compromettre la solidité d’une pièce. Les vrillettes, elles, préfèrent les bois anciens et un peu humides, feuillus comme résineux, qu’elles criblent de petits trous ronds. Quant au lyctus, il s’en prend à l’aubier des feuillus riches en amidon, plus souvent un parquet ou une menuiserie qu’une charpente.
Les termites sont un cas à part. Ils vivent en colonie dans le sol et dévorent le bois de l’intérieur, sans trou visible, et se traitent avec une méthode spécifique, décrite plus bas.
Un bois qui pourrit, se déforme ou se couvre de filaments blancs n’a en général pas affaire à un insecte, mais à un champignon comme la mérule. Un insecticide n’y ferait rien : il faut d’abord supprimer la source d’humidité.
Comment savoir si l’attaque est encore active ?
Une charpente peut porter des trous anciens alors que les insectes ont disparu depuis longtemps. Avant de traiter, le diagnostic doit donc répondre à trois questions : quel insecte, où, et est-il encore actif ?
La sciure est le premier indice. Claire et poudreuse, au pied des pièces ou dans les trous, elle trahit une activité récente ; grise et tassée, elle date. Le poinçon fait le reste : il s’enfonce sans effort dans un bois miné, ce qui permet de mesurer l’épaisseur de bois sain qui reste. La forme et la taille des trous d’envol indiquent l’insecte en cause. Et au printemps ou en été, il arrive qu’on entende tout simplement les larves de capricorne grignoter.

Poutre attaquée par la vrillette, après bûchage : une fois le bois abîmé retiré, les galeries apparaissent sur toute la largeur.
Le diagnostic est gratuit. Il débouche sur un devis qui précise les pièces à traiter, la méthode et, s’il le faut, les pièces à faire renforcer par un charpentier.
Les méthodes de traitement d’une charpente
Injection
On perce les pièces attaquées en quinconce, puis on y place des injecteurs munis d’un clapet. Le produit de traitement y est envoyé sous pression et diffuse au cœur du bois, là où vivent les larves. Pour les poutres et les pièces de forte section, c’est la méthode de référence.

Un injecteur en place dans une poutre attaquée : le produit est envoyé sous pression au cœur du bois.

Pascal Sergent pendant le traitement des poutres, équipé d’une combinaison et d’un masque à cartouches.
Pulvérisation
Avant de pulvériser, on bûche le bois (on retire les parties vermoulues) et on le dépoussière. Le produit, appliqué sur toutes les faces accessibles, atteint les larves proches de la surface et protège les bois encore sains d’une nouvelle ponte. La pulvérisation complète l’injection ; sur des bois peu attaqués, elle peut suffire.
Micro-ondes
L’appareil chauffe le bois à cœur, zone par zone, jusqu’à une température mortelle pour les larves et les œufs. Sans aucun produit, la méthode convient aux poutres apparentes, aux lieux où l’on veut éviter toute chimie et aux interventions localisées. Sa limite : elle ne laisse aucune protection dans le bois.
Pour un meuble ancien, un objet doré ou une collection, la logique est différente : on privilégie le traitement par anoxie, sans aucun produit, qui préserve vernis, dorures et placages.
| Méthode | Principe | Effet préventif | Adaptée à |
|---|---|---|---|
| Injection | Produit injecté sous pression au cœur du bois | Oui | Poutres et pièces de forte section attaquées |
| Pulvérisation | Produit appliqué en surface sur toutes les faces | Oui | Bois peu attaqués, protection des bois sains |
| Micro-ondes | Échauffement du bois à cœur, sans produit | Non | Poutres apparentes, zones localisées, lieux sensibles |
Nous employons des biocides autorisés pour la protection du bois, dans le respect de leur autorisation de mise sur le marché. Nos interventions suivent les protocoles de traitement préconisés par le référentiel CTB-A+ du FCBA, l’institut technologique de la filière bois : diagnostic préalable, bûchage des parties vermoulues, puis injection et pulvérisation aux doses prescrites. Pascal Sergent et les techniciens applicateurs de ChronoPest sont titulaires du Certibiocide, le certificat individuel délivré par le ministère de la Transition écologique pour l’utilisation professionnelle de certains produits biocides.
Comment se déroule un traitement de charpente ?
| Étape | Ce qui est fait |
|---|---|
| 1. Diagnostic | Identification de l’insecte, sondage des pièces, repérage des zones actives |
| 2. Devis | Méthode, métrage (mètres linéaires injectés, mètres carrés pulvérisés), consignes |
| 3. Préparation | Protection des lieux, dégagement des accès, bûchage et dépoussiérage des bois |
| 4. Injection | Perçage, pose des injecteurs, injection du produit dans les pièces attaquées |
| 5. Pulvérisation | Application du produit sur toutes les faces accessibles |
| 6. Fin de chantier | Nettoyage ; pièces inoccupées pendant 6 heures, puis aérées |
La durée varie avec la surface et l’accessibilité des bois ; elle figure sur le devis.

Pascal Sergent avant l’intervention : équipements de protection, perceuse pour la pose des injecteurs et matériel de pulvérisation.
Traitement préventif : quand est-il utile ?
Un traitement préventif protège des bois qui ne sont pas encore attaqués. Il est utile dans quatre situations :
- Charpente neuve ou bois de remplacement : les résineux non traités sont la cible du capricorne dès leur pose.
- Rénovation des combles : avant de poser une isolation ou un plafond, tant que les bois de charpente sont encore accessibles. Une fois isolés, ils ne peuvent plus être traités sans dépose.
- Après un traitement curatif : la pulvérisation des bois sains voisins les protège d’une nouvelle ponte.
- Zones à termites : dans les communes délimitées par arrêté préfectoral, la protection des constructions neuves contre les termites est obligatoire (Code de la construction et de l’habitation).
La différence tient à la pénétration du produit : la pulvérisation ne protège que les premiers millimètres du bois, ce qui suffit en préventif, alors que seule l’injection atteint le cœur des pièces déjà attaquées.
L’assurance décennale : une obligation à vérifier
Traiter une charpente, des poutres ou un plancher, c’est intervenir sur la structure du bâtiment. L’entreprise engage alors sa responsabilité décennale, que l’on appelle couramment la garantie décennale : pendant 10 ans après la réception des travaux, elle répond des dommages qui compromettent la solidité de l’ouvrage (article 1792 du Code civil). La loi l’oblige à être assurée pour cette responsabilité (article L241-1 du Code des assurances).
Beaucoup d’intervenants proposent pourtant le traitement du bois sans cette assurance. En cas de dommage grave à la structure, le client ne peut alors compter que sur la solvabilité de l’entreprise, qui a parfois disparu entre-temps.
ChronoPest, qui édite Expertise Traitement Bois, est couvert par une assurance décennale pour le traitement des bois contre les insectes xylophages. L’attestation est jointe au devis et fournie sur simple demande.
Avant de signer un devis de traitement de charpente, demandez l’attestation d’assurance décennale en cours de validité et vérifiez qu’elle mentionne bien l’activité de traitement des bois. Depuis 2014, elle doit d’ailleurs être jointe aux devis et aux factures (article L243-2 du Code des assurances).
Et si la poutre est trop affaiblie ?
Le traitement tue les insectes, mais il ne rend pas au bois la résistance perdue. Quand le diagnostic montre qu’une pièce a perdu une part importante de sa section, elle doit être renforcée ou remplacée par un professionnel de la structure (charpentier, maçon, bureau d’études), avant ou après le traitement selon le chantier.

Poutre doublée d’un profilé métallique boulonné, posé par une entreprise du bâtiment : le renfort reprend les charges, le traitement stoppe les insectes.
Combien coûte un traitement de charpente ?
Trois choses font le prix : le métrage traité, la méthode et, plus que tout, l’accessibilité des bois (combles perdus, hauteur, encombrement).
| Méthode | Tarif indicatif | Forfait minimum |
|---|---|---|
| Injection | À partir de 20 € HT (22 € TTC) le mètre linéaire traité, selon la difficulté d’accès | 500 € HT (550 € TTC) |
| Pulvérisation | À partir de 5 € HT (5,50 € TTC) le m² | 200 € HT (220 € TTC) |
| Micro-ondes | Sur devis | 1 500 € HT (1 650 € TTC) |
Les prix TTC tiennent compte de la TVA à 10 % applicable aux travaux dans un logement achevé depuis plus de deux ans ; dans les autres cas, la TVA est de 20 %. Ces montants restent indicatifs : seul le devis, établi après un diagnostic gratuit, fixe le prix. Tous nos prix sont réunis sur la page tarifs.
Un exemple pour fixer les idées : une terrasse de 10 poutres, soit 30 mètres linéaires attaqués par le capricorne, représente à partir de 600 € HT d’injection (30 × 20 €), auxquels s’ajoute la pulvérisation des faces, à partir de 5 € HT le m². Les guides de prix en ligne raisonnent souvent au mètre carré de charpente ; nous facturons l’injection au mètre linéaire de bois réellement traité, ce qui colle mieux à l’étendue de l’attaque.
Le cas des termites
Contre les termites, traiter le bois ne suffit pas, puisque la colonie vit dans le sol. Nous installons des stations d’appâtage autour et dans le bâtiment, qui éliminent progressivement la colonie ; leur tarif comprend la pose, les contrôles périodiques et le suivi prévu au devis. Les bois déjà atteints reçoivent un traitement curatif par injection et pulvérisation, ou un traitement par micro-ondes quand l’attaque est circonscrite.
| Traitement par stations d’appâtage | Tarif indicatif |
|---|---|
| Infestation localisée | À partir de 1 200 € HT (1 320 € TTC) |
| Maison individuelle | Généralement de 1 500 à 3 500 € HT (1 650 à 3 850 € TTC) |
| Infestation importante ou bâtiment complexe | Sur devis |
Dans une maison du 14e arrondissement de Marseille attaquée par les termites, par exemple, nous avons posé 30 stations enterrées et 6 stations aériennes, contrôlées tous les 3 mois.
Nous ne réalisons pas de barrière chimique dans le sol. Et rappelons qu’en France, l’occupant d’un bâtiment où des termites sont découverts doit le déclarer en mairie (Code de la construction et de l’habitation).
Faire soi-même ou faire appel à un professionnel ?
Badigeonner une poutre avec un produit acheté en magasin est tentant. Sur une petite pièce peu épaisse et à peine attaquée, comme une plinthe ou un lambris, cela peut suffire en préventif. Sur une charpente, c’est rarement le cas : le produit ne pénètre que de quelques millimètres, alors que les larves de capricorne ou de vrillette vivent au cœur du bois, parfois à plusieurs centimètres de la surface. C’est la principale raison des traitements « qui n’ont pas marché ».
Un professionnel apporte trois choses qu’un particulier n’a pas : le diagnostic, qui dit quoi traiter et si l’attaque est active ; l’injection sous pression, qui atteint le cœur des poutres ; et, pour les bois de structure, l’assurance décennale qui couvre le travail pendant 10 ans.
Les erreurs à éviter
La plus courante : traiter sans diagnostic. On paie alors pour un insecte parti depuis des années, ou l’on passe à côté d’un champignon.
Vient ensuite le produit du commerce pulvérisé sur une grosse poutre. Il ne pénètre que de quelques millimètres et n’atteint jamais les larves. Autre piège, recouvrir des bois attaqués d’isolant ou de plaques de plâtre avant de les traiter : l’attaque continue, mais plus personne ne la voit.
Enfin, deux erreurs de jugement : négliger la solidité d’une pièce trop minée, que le traitement ne renforcera pas, et attendre. Une larve de capricorne peut creuser pendant plusieurs années avant de sortir.
Charpentes en Provence-Alpes-Côte d’Azur
Le bâti provençal compte beaucoup de charpentes en pin, une essence que le capricorne apprécie particulièrement, sous des combles qui chauffent l’été et accélèrent le développement des larves. On découvre souvent l’attaque lors d’un achat, d’une rénovation des combles, ou le jour où de la sciure tombe du plafond d’une pièce sous toiture.
Les immeubles anciens des centres-villes, à Marseille notamment, posent un problème particulier. Leurs planchers reposent sur des poutres souvent cachées sous les plâtres, et l’attaque, fréquemment due à la vrillette, n’apparaît qu’au moment des travaux. Il faut alors organiser le traitement avec la copropriété et, si besoin, avec l’entreprise chargée du renforcement, comme sur ce chantier de poutres attaquées par la vrillette dans le 5e arrondissement.
Retrouvez tous nos chantiers de traitement du bois en photos.
Nous intervenons dans les Bouches-du-Rhône, le Var, le Vaucluse, les Alpes-Maritimes, les Alpes-de-Haute-Provence et les Hautes-Alpes, et partout en France pour les chantiers importants et le patrimoine.